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# Trop c’est trop ! Top 13 des tendances culinaires qui en font des caisses
- URL: https://www.au-comptoir.com/trop-cest-trop-top-des-tendances-culinaires-qui-en-font-des-caisses/
- Published: 2025-09-01T05:54:50.000Z
- Updated: 2026-10-07T08:03:12.000Z
- Description: Trop convenu, trop brûlé, trop balek, trop fermenté, trop peu... Voici un petit récap’ du too much à table.
- Author: Marcelle Ratafia
- Tags: Manger, Septembre - Les goûts

Trop gras, trop salé, trop frite : quand le plat va jusqu’au bout de l’extrême limite ! Voici un petit récap’ du too much à table, où les parfums frisent l’extrême limite, du dégueu au pas gégène.

**Trop déjà-vu**

Tout d’abord ébaubi par l’association veau cru-huître et ce détonant mariage foie gras-anguille, vous avez salué d’un air gourmand ces marques d’audace. Mais ça, c’était la première fois ! Après avoir vu la même recette un peu partout, vous commencez à vous lasser de cette frénésie qui a gagné pas mal de pianos, et vous vous repliez sur une déjà-vue mais réconfortante bavette à l’échalote, au classicisme bien rodé.

**Trop convenu**

Fausse bonne idée pour amener volume et craquant, la tuile en forme de feuille est devenue une tarte à la crème comestible plus ennuyeuse qu’un marathon d’épisodes de *Derrick*. Gare aux durs de la feuille ! Et sus aux moules reproduisant cette imitation de la création de Dame Nature, qui, non contente de croquer moyennement, est la marque d’un esprit moutonnier proche d’une robuchonnade (voir plus bas).

**Trop salé**

Souvenez-vous de *Cuisines et dépendances* avec Bacri : un haddock trop salé, et c’est tout un dîner qui part en quéquette !Dans *Le sens de la fête*, c’est le même Bacri qui a recours au terrible feuilleté aux anchois, une diversion… qui ne manque pas de sel ! La main lourde sur le sel : une astuce vieille comme le monde pour exhausser le goût, certes, mais aussi masquer la fadeur voire le manque de fraîcheur. Gare aux palais raides et à l’envie irrépressible de jerricanes d’eau douce, moussaillons !

**Trop brûlé**

Après avoir découvert que le poireau était plus sexy servi brûlé que vapeur, ça a été la fête de tous les légumes : aubergines, chou-fleur, salades de tous poils… Pour le meilleur et pour le pire, car n’est pas pyromane qui veut. Depuis l’avènement des barbecues Green Egg et la binchotan-mania qui a donné envie aux toqués de se mettre aux charbons, c’est une farandole de grands brûlés plus ou moins en manque de Biafine, de la sucrine exquise après une bronzette sur le gril à la frisée qu’une station trop longue sur le feu a défrisée.

**Trop chaud cacao**

Quand on sait que le chocolat est souvent marron caca, pourquoi lui donner une forme de colombin, de bouse ou de bronze savamment coulé si on n’est pas branché par la coprophilie ? Qui trop embrasse mal étron ! Même si on sait bien que la fautive, c’est la poche à douille.

**Trop aqueux**

Le sec est l’ennemi du bon, certes : une barbaque sèche comme un coup de trique ou un poisson raide comme un passe-lacet, ça ne convainc personne. Oui, mais le contraire ? Une tomate-mozza flotteuse comme une burrata mal essorée, un poisson mariné qui rend de l’eau comme un grand noyé, un tiramisu qui bave par le fondement une eau saumâtre… Trop d’eau, c’est trop !

**Trop sucré**

Savez-vous pourquoi le chou craquelin croque sous la dent ? Parce qu’il est couvert de sucre avant cuisson. Ajoutez un glaçage, une crème riche en sucre et une tuile de caramel, et vous êtes bon pour la carie-minute.

**Trop chichiteux**

Des petits points, des traits, des crottins de gelée, des croûtons au garde-à-vous, des larmes de sauce poche-à-douillées… Dressées au poil de cul près, les assiettes héritées de la gastronomie des nineties sont accros aux « robuchonnades », ces démonstrations de zèle proches du TOC qu’on a peur de démonter d’un coup de fourchette. Et bon appétit, bien sûr !

**Trop balek**

La harissa à la framboise : bonne idée ! Le combo café-miso, c’est de la bombe.En revanche, le baba au céleri-boule (vécu), la sauce aux vers de terre (vu à la télé), la tarte choco-caviar (vue chez Bruno Verjus)… Le tout est de savoir où est la limite entre le bueno et le pas glop.Pour Leslie, le cauchemar imprimé sur sa rétine, c’est la vision d’une huître coiffée d’une glace au claque-merde bien WTF, propre à lui passer l’envie de banqueter.

**Trop copieux**

Quand on commence à caler dès l’amuse-bouche, ça craint du boudin ! Parce qu’en général, ce qui suit est du même acabit : après avoir péniblement ingurgité une entrée balèze à base de mayonnaise, place au sournois vol-au-vent avec son gratin dauphinois, qui achèvera de noyer votre bol alimentaire pendant que le chef vous darde de sa prunelle. Après un Paris-Brest grand comme une roue de vélo et les mignardises, vous rêvez de deux choses : un citrate de bétaïne et un dîner où la cuisine est divinement radine.

**Trop fermenté**

Dès l’entrée à base de pickles, ça commence à gargouiller dans les bermudas. Les plats à suivre vont empirer ce ballonnement naissant, qui culmine avec les courgettes fermentées sur leur lit de choucroute crue. Arrivée à la rhubarbe qui marine dans son vinaigre depuis 2023, votre commensal vous demande : « Est-ce qu’on aura droit à un végétal qui date de cette année ? » Une aubaine, ceci dit, pour se refaire une flore intestinale d’enfançon.

**Trop peu**

C’est vrai que trop, c’est trop, mais trop rat, c’est décevant aussi : on a tous en tête des soirées à partager de pingres petites assiettes compliquées à scinder, en essayant de masquer derrière un sourire de façade une faim à manger sur la tête d’un pouilleux. Ou, dans un restaurant bon chic bon genre, une entrée-Kate Moss, avec deux petits pois montant la garde d’un crudo de Saint-Jacques à la limite de l’abstraction, le tout recouvert d’un voile aérien, qui galèrera à apaiser le gargouillis furibard qui s’échappe de votre buffet.

**Trop surfait**

On vous en fait des tartines sur cette nouvelle adresse réservée aux happy few, on a ouï tant de gorges chaudes vanter les mérites de la cuisson au flambadou, du cappuccino de foie gras et du sushi de tomate que, une fois que c’est notre tour, nous voilà comme une poule devant un couteau : c’était donc pour ça, tout ce tintouin ?

Par Marcelle Ratafia