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Il ne doit pas être loin de 15 h, la table est débarrassée et le lave-vaisselle lancé. Vous êtes dans le jardin, tranquillement vautré dans une chaise longue avec un livre dont les mots commencent étrangement à vous bercer… quand un vrombissement vous tire de cette délicieuse torpeur. C’est la tondeuse de ce voisin qui a décidément le don de vous faire chier.
Maigre consolation : cette odeur d’herbe qui vient vous chatouiller le nez. Une odeur délicieuse, champêtre, pleine de vieux souvenirs… et qui, pourtant, n’a pas vocation à vous faire plaisir. Mais alors pas du tout. En réalité, si les brins d’herbe se donnent la peine d’émettre dans l’air cette molécule très caractéristique appelée cis-3-hexenal, c’est en réponse directe à votre voisin et à sa foutue tondeuse. Comme de nombreux autres végétaux, l’herbe possède une stratégie de défense face aux agresseurs que, faute de jambes, elle ne peut pas fuir.
En l’occurrence, le cis-3-hexenal suffoque les insectes qui s’attaquent à elle, active la cicatrisation des feuilles et sert de message d’alerte pour les plantes voisines, qui peuvent ainsi se préparer à une éventuelle attaque. Voilà le genre de culture G qui va vous faire briller à la machine à café, quand les vacances seront terminées.
Mais n’y pensons pas.
Par Sarah Bouasse