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Je viens d’avoir mon bac. Cette année encore, je suis allée chez Yves Rocher pour acheter (deux pour le prix d’un) ce shampooing-douche au flacon bleu dont l’odeur me rend dingue, et je l’ai mis dans ma valise de l’été. À force de répétition, un juillet après l’autre, les grandes vacances de mon adolescence s’incrustent dans ces notes de fleurs blanches de synthèse. Je le constaterai bien plus tard quand, un peu par hasard, je rachèterai ce bon vieux Monoï et que tout ressurgira.
Les nuances orangées de cette résidence chérie du Var où mes parents avaient le bon goût de nous emmener. Mon reflet dans le miroir, scrutant chaque soir après la douche l’évolution des marques de bronzage. Des flashs : mon 3310 dont j’ai décoré la coque au vernis à ongles. Texas et Led Zep dans mon baladeur CD, pendant que je mate discrètement mes voisins de serviette. Mon inlassable quête des cartes postales les plus moches à envoyer aux copines. Mais ce qui me revient surtout, c’est un truc pas très définissable. Une sorte de climat intérieur. Ce que ça faisait d’être moi, il y a plus de 20 ans.
Pour certain.es c’est le Monoï, pour d’autres c’est la Biafine, la citronnelle, le Pastis ou une quelconque crème solaire à laquelle ils sont fidèles. Qu’importe : nous avons tous, je crois, des odeurs typiquement estivales. Des produits que l’on réserve, volontairement ou pas, à cette période bien particulière de l’année. Et qui sont autant de petites madeleines capables de nous faire replonger, d’un seul coup de narine et à longueur d’année, au beau milieu de l’été.
Par Sarah Bouasse