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En vin, les préjugés concernant les régions sont légion… Et sans fondements?
Mieux vaut un bon Vouvray
Combien de fois, en débouchant un crémant, ai-je ouï l’adage dit avec un clin d’oeil et l’air entendu : “ mieux vaut un bon Vouvray qu’un mauvais champagne?" Réducteur pour l’appellation ligérienne où le chenin fait merveille sur les bulles et pas très sympa à l’écart des champagnes qui ont omis d’être fifous. Forte de cette maxime martelée au fil des évènements festifs, je me suis creusée la tête pour savoir quelles autres appellations avaient été ainsi été claquemurées dans les murs épais des préjugés populaires.
Ainsi peut-on lire en 1943 : « Nous demandâmes une bouteille de Bourgogne. C’était du vulgaire aramon, mais il était buvable » dans la première aventure de Nestor Burma, sous la plume de Léo Malet. C’est bien plus au Sud qu’on trouve l’infortuné “aramon” : les vins de la commune gardoise avaient alors si mauvaise presse que ce toponyme avait fini par désigner un mauvais vin. Ce serait oublier que ce rouge costaud qui était autrefois l’ordinaire des gargotiers parigots a retrouvé des lettres de noblesse et a opéré depuis quelques années une belle remontada.
En un mot comme en cent : méfions-nous des préjugés !
Par Marcelle Ratafia