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Affiche Women Women Women
Illustration @Pablo Merchan-Montes

Table des matières

Le thème du mois d’Au Comptoir s’intitule No Women No Wine et c’est un homme qui se retrouve à écrire l’édito. Alors je m’interroge. Dois-je incarner cette fameuse caution masculine, censée rassurer les virilistes déboussolés ? Ceux pour qui un monde où les femmes prennent la parole, écrivent, dégustent, décident serait soudain devenu un monde effrayant ? Il est vrai qu’il y a de quoi perdre ses repères. Parce qu’ici, depuis un an, Au Comptoir fait exactement l’inverse de ce qu’on attend.

No Women No Wine, c’est aussi une invitation à regarder autrement ce qu’on croyait connaître.

Un an déjà.

Un an d’enthousiasme, d’articles, de vidéos, de débats, de doutes aussi – parce que chercher sa voix, c’est parfois accepter de ne pas la trouver tout de suite. Un an à construire un média libre, vivant, et surtout incarné.

Tout a commencé autour d’un déjeuner. Leslie (la boss) m’a parlé de son envie de créer quelque chose de différent : un média sur l’art du comptoir, oui, mais surtout un espace de regards, de paroles, de caractères. Une bande de journalistes, des femmes fortes – j’inclus dans ce groupe les parts féminines de Jérôme Gagnez, Romain Paire et Romain Becker – avec leurs convictions, leurs contradictions, et leurs avis bien trempés. Puis elle m’a demandé :« Ça t’intéresse d’y participer ? » J’ai répondu « oui », sans trop réfléchir, porté par l’énergie de Leslie. Sans savoir non plus qu’un an plus tard, je me retrouverais ici, à écrire cet édito. Surtout que, pour être honnête, je n’y connais pas grand-chose en vin. Ni vraiment en gastronomie. Je ne possède pas le quart de la moitié de l’infime tiers de la légitimité de celles qui font vivre Au Comptoir.

Et c’est peut-être justement pour ça que je suis là. Parce qu’Au Comptoir, « on parle de tout et de vin » et on s’adresse à tous ceux qui aiment boire, manger, discuter, s’engueuler parfois, mais rire surtout, les épicurieux en tout genre qui apprécient de découvrir et d’apprendre. Sinon, à quoi bon s’accouder à un comptoir si on préfère rester assis dans son coin ?

Ce mois-ci, Au Comptoir spécial No Women No Wine. Attention, ce n’est pas un slogan. C’est un rappel. Un constat. Longtemps invisibilisées, souvent reléguées à l’arrière-plan, les femmes ont pourtant toujours été là : dans les vignes, dans les caves, dans les cuisines, derrière les comptoirs. Elles produisent, elles créent, elles goûtent, elles écrivent. Et surtout, elles racontent autrement. No Women No Wine, c’est aussi une invitation à regarder autrement ce qu’on croyait connaître.

Finalement, à bien y réfléchir, je crois en réalité que je ne suis pas là pour rassurer qui que ce soit. Non, si je suis là, c’est pour témoigner, modestement, de ce que j’ai vu cette année : une énergie, une liberté de ton, une manière de faire qui ne demande la permission à personne. Et si cet édito est écrit par un homme, qu’il soit au moins à la hauteur de ce qu’il célèbre : un espace où les femmes ne sont ni une exception, ni une caution, mais simplement la norme.

À la vôtre ! 🍷

Eric Metzger

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