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Avec ou sans glaçons, les rumeurs et les idées reçues sur le rosé vont bon train. Mais si les vins rosés trouvent le plus gros de leur clientèle à l'arrivée des beaux jours, il n'en reste pas moins un vin, un vrai. Un breuvage que l'on produit depuis plus de 2600 ans et qui n'est pas un simple phénomène marketing pour enjoliver les contenus Instagram autour des piscines.
Je vous en dis un peu plus sur les vins rosés et leurs spécificités, pour que vous arrêtiez de dire à qui veut l'entendre que le rosé gnagnagna, je ne sais pas ce que vous pouvez bien en dire, mais cessez !
Vins rosés et autres subtilités
On doit le vin rosé aux Grecs, qui produisaient à l'époque des vins rouges via une très rapide macération avec les peaux, uniquement du foulage, ou un pressurage presque direct des raisins noirs. On peut donc dire que les vins rouges de l'époque étaient en fait des rosés.
Et si pendant un paquet de temps, le vin rosé n'a pas vraiment la cote, depuis 1990 la consommation de vin rosé n'a jamais cessé de progresser, pour voir son volume tripler en 25 ans. La production et la consommation de vin rosé ne sont donc pas un simple effet de mode, loin de là.
Pour comprendre les subtilités du rosé, il faut comprendre comment on le fait. Il existe deux méthodes d'élaboration des vins rosés. Dans les deux cas, il faut à la base des raisins à peau noire et à jus blanc, donc des cépages rouges.
Première méthode : le rosé de saignée ou de macération.
C'est une vinification identique à celle des vins rouges, donc avec macération des peaux et du jus avant d'être pressés, comme à l'époque grecque. Ce temps de macération avec les peaux va déterminer la puissance, le niveau de tanins mais aussi la couleur du vin. Plus ça macère, plus c'est foncé, logique. Sauf certains cépages très teinturiers, qui peuvent colorer très rapidement les jus.
Autre méthode : le rosé de pressurage.
Lorsque les raisins arrivent au chai, comme pour les vins blancs, ils sont tout de suite pressés. Les vignerons ne réalisent pas ici de macération avec les peaux. Mais le pressurage est réalisé plus lentement que pour les blancs, de façon à extraire un peu de couleur, tout en gardant beaucoup de fraîcheur.
Globalement, ce style de rosé donne des vins plus pâles, très frais, avec un fruité plus acidulé que les rosés de saignée, eux structurés pour la table et souvent plus tanniques aussi.
Les rosés de presse sont impeccables pour l'apéritif et les entrées simples.
Les rosés de macération ou de saignée sont souvent d'incroyables partenaires de la table. Car ils allient fraîcheur, acidulé, notes primaires pleines de friandise tout en ayant du corps, de la structure et de la longueur en bouche.
Les vins rosés dits « vineux » sont d'ailleurs souvent la bonne solution pour les plats casse-pieds.
Prenez l'exemple des mets épicés, à tendance exotique, ou même des recettes sucré/salé. Pas évident avec les vins rouges, car les tanins peuvent se durcir en bouche, et l'accord peut manquer de fraîcheur. Côté blanc, les vins peuvent vite devenir aussi notable qu'une plante verte en rave party. Les rosés « vineux », eux en revanche, avec leur bel équilibre entre fraîcheur, tension et structure se jouent de toutes ces contraintes alimentaires et se révèlent le patron de la tablée.
Quelques grands styles de rosés pour la route des vacances :
Les rosés de Provence – une des plus importantes productions de rosé de l'ensemble du vignoble français. La Provence est la 1ère région de France en production de vin rosé. Le rosé de Provence s'est imposé comme le rosé incontournable et a bâti sa réputation grâce à sa robe rose pâle et ses arômes acidulés et fruités.
Les gris : le vin gris se caractérise par une couleur très pâle avec des reflets argentés. Après la vendange, les raisins sont foulés puis pressés sans macération. C'est le foulage qui lui donne sa couleur si particulière.
Les rosés dits vineux, ou encore de gastronomie : ils sont des vins structurés, tanniques, de couleur foncée, à la structure parfois capiteuse. On retrouve ce style de vin rosé dans l'AOP Tavel, Bandol, les Clairets de Bordeaux, les rosés du Languedoc ou du Roussillon par exemple.
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Par Leslie Brochot