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femme qui mange
Photo @Elvira Blumfelde

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Il y a quelque chose d’étrange dans la faim provoquée par le cannabis. Ce n’est pas une faim ordinaire. Ce n’est pas le corps qui réclame brutalement de l’énergie après l’effort ou le manque. C’est une faim augmentée, presque théâtrale. Une simple odeur de chips devient un événement. Un morceau de pain grillé semble chargé d’une importance disproportionnée. Et alors s’annonce cette faim que l’on nomme plus familièrement : « la dalle », ou encore “les munchies”.

Le THC agit sur une architecture ancienne du cerveau : le système endocannabinoïde (défi : prononcer ce mot plusieurs fois très vite, c’est rigolo). Ce réseau participe à la régulation du plaisir, de l’appétit, de la mémoire sensorielle. Lorsqu’il est stimulé, les signaux changent d’intensité. Le goût devient plus dense. Le sucre paraît plus profond. Le salé acquiert une précision inhabituelle.

Le phénomène est moins une création de faim qu’une amplification du désir de manger. La différence ? L’une vient du corps, l’autre peut venir du cerveau sans besoin physiologique réel.

En fait, sous cannabis, beaucoup de personnes décrivent une attention accrue aux sensations immédiates. La nourriture cesse d’être fonctionnelle ; elle devient texture, température, contraste. Le cerveau, déjà sensibilisé au plaisir, reçoit alors chaque bouchée comme une récompense plus importante qu’en temps normal.

Biologiquement, le THC influence aussi certaines hormones liées à l’appétit, notamment la ghréline (aussi facile à prononcer qu’à comprendre). Mais l’explication purement chimique reste insuffisante. Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le cannabis reconfigure la relation aux choses banales. Une cuisine éclairée à minuit, un paquet de biscuits oublié, un soda trop froid : soudain, tout semble mériter une attention absolue. Parfois de trop. Alors, attention aux excès !

Par Eric Metzger

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