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Les luttes sont les mouvements, souvent discrets, mais parfois tonitruants, par lesquels les êtres humains défendent ce qui leur semble juste, vital ou simplement digne. « Il faut lutter pour que le monde reste habitable », dit le philosophe Bruno Latour (fils de négociants en vin de Bourgogne). Et aujourd’hui, plus que jamais, le temps des luttes est arrivé dans le vignoble.
Le monde du vin est en effet à la croisée des chemins. Plusieurs phénomènes se mêlent : le dérèglement climatique, la baisse de la consommation de vin et les impératifs de la transition écologique (décarbonation). Les défis des futurs du vin sont techniques, mais surtout culturels, économiques, politiques… C’est vertigineux !
Alors, parce qu’il faut bien commencer quelque part, on propose dans le nouveau Vinofutur, “Le temps des luttes” (n° 5, octobre 2025), un petit décloisonnement.
Car bien sûr, il s’agira de lutter pour protéger le vignoble, pied par pied, face à l’étalement urbain, aux projets inutiles et autres panneaux solaires. Le vignoble peut être un rempart… à condition d’endosser pleinement la responsabilité de toute la diversité des vivants de son territoire, et pas seulement des ceps. À condition aussi de créer des passerelles avec d’autres luttes : celles des indispensables scientifiques mis sous pression ou des femmes du vin, qui soulèvent les couvercles de l’omerta et font exploser tous les dogmes. Entre autres.
L’heure semble venue aussi de raconter une autre histoire du vignoble. Olivier Hamant, chercheur en biologie, propose d’en finir avec la poursuite de l’excellence et de la performance pour revisiter la coopération, l’intelligence collective et la robustesse. « C’est dans les interactions entre les vignerons qu’on va faire perdurer le vignoble, ce sont eux la clé », nous dit le chercheur. Ajoutons ceci : chez Vinofutur, on trouve déjà dans le vignoble une énergie combative qui nous inspire et nous engage.
Au boulot !
Par Julie Reux