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Accords mets & vins : spécial fonds de frigo

Ou comment transformer un reste de pâtes au beurre de la veille en expérience inoubliable.

Pot de cornichon en papier découpé
Illustration @Margaux Barba

Table des matières

On rêve tous de sortir avec Juan Arbelaez ou Nina Métayer et de trouver, le soir en rentrant du travail, un plat chiadé, aux saveurs impertinentes et au fumet alléchant. Mais soyons honnêtes : la plupart du temps, on ouvre le frigo et on trouve… une boîte de thon entamée, un reste de risotto, un peu de Madame Loïc et notre fidèle pot de cornichons. Est-ce une raison pour renoncer au plaisir d’une alliance mets-vin délicate ? Avec un peu d’imagination et quelques bonnes bouteilles en cave, tout est possible.

Avec le reste de pizza froide

La pizza froide : le plat officiel du dimanche matin (vers 14 h), ou du lundi soir flemme. Une bonne bulle fine avec un peu de sucre résiduel pour retendre cette pâte mollassonne. Pourquoi pas un prosecco, ou plus osé, du Lambrusco, ce vin rouge effervescent italien. Tension et gourmandise pour ce plat signature des lendemains de cuite.

Avec les pâtes au beurre de la veille qui collent (un peu)

Les pâtes réchauffées collent ? Pas grave. On fait revenir tout ça à la poêle avec une noix de beurre salé, pour apporter le croustillant nécessaire à l’accord avec un vin blanc sec et vif. Un tour de poivre et accordez-moi ça avec une cuvée du Muscadet, un sauvignon blanc de Loire ou un petit Chablis, et voilà ! Pâtes sur blanc, rien ne fout le camp.

Avec le petit bout de Comté oublié dans son papier sulfurisé

Puisque les trois semaines d’affinage supplémentaires dans votre frigo ne sont pas venues à bout du fromage, veillez à choisir un vin téméraire pour aller dessus. Vins blancs de préférence, à la fois avec une bonne acidité mais un peu de gras tout de même, et pourquoi pas un peu (ou beaucoup) de sucre, même. Un demi-sec du Jurançon, un moelleux de Vouvray, vous voyez le style, pour équilibrer les notes presque piquantes et très salées du fromage. Ou bien évidemment le sacro-saint Savagnin du Jura, ouillé ou non, et ses notes oxydatives. Nos régions ont du talent, et les accords régionaux sont toujours une bonne idée.

Avec la boîte de thon entamée

On sait qu’elle contient un bon paquet de mercure, mais que voulez-vous, le thon en boîte restera toujours un fidèle compagnon des dîners vite faits, mal faits. Alors, car on ne se refuse rien Au Comptoir, on vous propose de déboucher avec ça un p’tit rosé vineux. Exit les rosés transparents, on veut du vin, du vrai. Direction Bandol, Tavel ou encore les clairets de Bordeaux. La salinité du thon va venir rehausser les arômes de juteux fruits rouges du rosé. Salivation assurée.

Pour finir : avec le pot de cornichons

Et là, on voit tous les sommeliers changer de couleur et avoir une respiration haletante. « Mais qu’est-ce qu’Au Comptoir va bien pouvoir oser proposer avec des cornichons, en dehors du kombucha ?! » Acide vs acidité = ça passe. On vous propose un vin blanc aromatique comme un gewurztraminer sec alsacien, ou encore un riesling, ou même certains chenin blancs de Loire. Résultat ? Une fraîcheur inattendue. Bonus : ça fonctionne aussi avec les pickles de légumes. Ce n’est pas l’accord le plus facile ni le plus heureux, mais il se tente.

Par Leslie Brochot

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