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« Pourquoi les pêcheurs ne sont pas gros ? Parce qu'ils surveillent leur ligne ! »
À jeun, cette blague ne me fait pas rire. Ivre, sans doute aurais-je cédé à la tentation du rire un peu gras et bruyant.Pour quelle raison ?
Tout simplement parce qu’on a souvent tendance à rire davantage quand on est alcoolisé. Plusieurs mécanismes expliquent ça.
« Qu'est-ce qui n'est pas un steak ? Une pastèque. »
L’un des premiers effets de l’alcool est de diminuer l’activité de certaines régions impliquées dans le contrôle du comportement et les inhibitions.
Concrètement, le « filtre » fonctionne moins bien. Sobre, on peut trouver quelque chose de légèrement drôle sans forcément rire, parce que notre cerveau module notre réaction. Après avoir bu, on exprime ce qu’on ressent immédiatement.
Une petite blague peut ainsi provoquer un vrai fou rire.
Il y a également un effet sur l’humeur et le système de récompense. À certaines doses, l’alcool influence notamment des systèmes utilisant la dopamine et le GABA – notre principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central.
Cela peut produire temporairement une sensation de détente, de plaisir ou d’euphorie. Avec des amis, si l'ambiance est bonne, le côté amusant de la situation est immédiatement amplifié.
« Qu'est-ce qui est vert, se déplace sous l'eau, et fait buzzzzz ? Un chou marin ruche. »
Le rire est aussi très contagieux socialement. Quand une personne commence à rire, les autres ont naturellement tendance à rire aussi. Avec moins d’inhibition, cette contagion peut devenir encore plus forte : quelqu’un rigole de quelque chose d'un peu absurde, une deuxième personne rigole parce que la première rigole, puis la première trouve hilarant que la deuxième rigole… et on arrive au fameux fou rire où plus personne ne sait exactement pourquoi il rit.
« Quelle est la différence entre la bière et l'urine ? Environ un quart d'heure. »
Mais attention, ça dépend énormément de la quantité d’alcool, de la personne et du contexte. L'effet n'est pas simplement « plus tu bois, plus tu ris ». Ça serait trop facile ! Parce qu'à mesure que la quantité augmente, les effets agréables peuvent laisser place à la fatigue, aux difficultés à parler ou à réfléchir, aux nausées, mais aussi à des émotions négatives. Quelqu'un qui était joyeux peut devenir triste ou irritable. L’alcool tend donc plutôt à désinhiber et modifier l’expression des émotions qu’à rendre systématiquement heureux.
« Tu connais l'histoire du lit superposé ? C'est une histoire à dormir debout. »
C'est aussi pour cette raison que deux personnes ayant bu une quantité similaire peuvent réagir complètement différemment. La personnalité, l'humeur avant de boire, les attentes, les personnes présentes, la vitesse à laquelle on boit et la quantité consommée jouent toutes un rôle.
Donc, pour résumer : oui, être un peu alcoolisé peut rendre le rire plus fréquent et plus facile, surtout entre amis, principalement parce que les inhibitions diminuent, que l'humeur peut temporairement être stimulée et que l'on devient plus réceptif aux réactions sociales. Mais passé un certain niveau d'alcoolisation, l'effet peut complètement s'inverser.
Un mec entre dans un bar avec un morceau d’asphalte sous le bras :« Une bière pour moi… et une pour la route. »
Santé !
Éric Metzger