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On les connaît pour leurs exactions musclées et leurs costumes stylés : eux, ce sont les gangsters qui peuplent cinéma et séries, de Certains l’aiment chaud aux Incorruptibles. Mais que boivent-ils ?
Oubliez Al Capone et sa bibine de contrebande : dans les films de gangsters, on aime plus le fruit que le whisky sec. La preuve en 3 exemples !
Oyez, ça Papaya ! : la potion magique de Tony Montana
En 1983, le maniériste Brian De Palma adapte le saint des saints des films de gangsters période Warner : le nerveux Scarface, chef-d’œuvre de Howard Hawks mené par un Paul Muni aussi séduisant qu’inquiétant. Dans cette version criarde aux couleurs dignes de Deux Flics à Miami, Tony Montana n’est plus italien mais portoricain, il ne porte plus de costumes croisés mais des chemisettes à fleurs, et au lieu du bon vieux rye de la Prohibition… Oyez, ça papaya, le gangster joué par un Al Pacino habité se met des races à l’aide de piñas coladas, cocktails fruités assortis au soleil de Miami. Et qui, entre nous, n’ont jamais donné bonne haleine (lait de coco + ananas = yeurk).
Si si la famille : le cocktail phare du Parrain
Bec sucré aux goûts exotiques, le terrifiant Vito Corleone n’aime rien tant que le fruit phallique du bananier pour aromatiser son breuvage à base de rhum blanc. D’où cette saillie devenue culte dans Le Parrain 2 - le meilleur : « Comment on dit Banana Daïquiri en espagnol ? Banana Daïquiri ! »
Une scène qui contribua à lancer ce cocktail né à Cuba. Mais c’est un sour qui va rendre hommage à son tour à la trilogie de Coppola : le Godfather, mélange scotch-amaretto créé dans les années 1970 en référence à la famille un tantinet dysfonctionnelle des Corleone. À ne pas confondre avec le French Connection, inspiré du film éponyme de William Friedkin sorti en 1971, qui est lui à base de cognac - c’est la France, ça !
Du chianti pour les mafiosi : dans la cave des Sopranos
Chez les Sopranos, la dépression des gangsters se soigne à l’éthanol : chez Tony, le cocktail est tellement monnaie courante qu’il a inspiré un livre, The Sopranos Cocktail Book. Si, évidemment, on y voit passer un nombre impressionnant d’Old Fashioned, de Highballs et autres Gold Chain dans les cabarets louches où Tony s’entretient avec les mobsters qui lui servent d’antagonistes ou de sous-fifres.
Mais origines italiennes obligent, Tony et les autres personnages de la série ponctuent les festins pasta & meatballs italo-américains de vins d’Italie : barolo, chianti mais aussi des crus de chez nous, de la Veuve Clicquot côté bulles au Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1986 - rien que ça !
Par Marcelle Ratafia