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À l'heure où l'IA pique les boulots des uns et des autres, on déplore de façon bien plus silencieuse la perte des lieux de vie qui n'ont rien de virtuel. Alors pour les soutenir, rendez-vous le 4 juin pour défendre les bistrots à l'Unesco !
Serrez les fesses, car le constat fait mal au cucul. Ami.es des cafés, amoureu.ses des bistrots, figurez-vous qu'on est passés de 500 000 bistrots à moins de… 40 000 en 2026.
En France, ce sont 23 000 communes qui n'ont plus de commerces. 62 % de villages désertés par les boulangeries, les pharmacies et les salons de toilettage, mais aussi par les cafés et bistrots, derniers bastions de la sociabilité.
Chef du Mesturet et défenseur zélé des bistrots, Alain Fontaine se bat pour que les bistrots se remettent à ambiancer les centres-villes : « On parle des déserts médicaux mais pas des déserts de sociabilité. »
Chercheur en science politique à l'université de Zurich, Hugo Subtil a montré que là où les bistrots, cafés et bars-tabacs disparaissent, l'érosion sociale est à l'œuvre, favorisant l'isolement, mais aussi la montée de l'extrême droite.
Alain Fontaine en est persuadé : « Ça coûte cher à la Sécu, la solitude génère beaucoup de prises de médicaments. C'est aussi un rempart contre la malbouffe, avec des produits des régions, à rebours des chaînes standardisées ! »
En 2024, à la tête d'un collectif remonté comme un café-calva, il a déjà réussi à faire classer au patrimoine français les pratiques sociales et culturelles dans les cafés en France. Prochaine étape : être choisi pour candidater à l'Unesco en 2027 ! À la clé, si le projet passe, du beau et du bon :
- Une formation d'un an pour créer, gérer, reprendre un bistrot café en France : en voilà une reconversion qui change de la fromagerie ou du café-céramique !
- Une fondation pour aider les communes à financer un bistrot ou un café multiservices
- Participer à la Journée nationale des bistrots et des cafés en France organisée le 4 juin avec France Boissons
Faites tourner, et les bistrots continueront à payer leur tournée. À nous d'être fier.es de nos bars-tabacs !
Par Marcelle Ratafia